What's hot in...?
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Bertrand Leseigneur, notre correspondant Retail innovation US,
décrypte pour nous comment New York et ses magasins emblématiques amorcent chaque jour un peu plus leur transition vers l’ère post Covid.


L’EDITO

Les magasins ouvrent presque normalement en suivant des règles très strictes. Ainsi, le nombre de personnes en magasin est limité, les heures d’ouverture sont plus courtes pour laisser plus de temps pour le nettoyage et surtout le processus de paiement évolue pour laisser plus de liberté aux clients. Le secteur des FinTechs explose donc en différentes offres permettant aux américains de payer, d’être payé ou d’investir.

De même, les derniers mois ont été marqués par le mouvement Black Lives Matter. Ce mouvement de contestation contre les violences policières envers les populations afro-américaines a reçu un fort soutien de la population, et des entreprises qui ont dû adapter leur stratégie de communication et parfois leur board de directeurs.

Enfin, l’autre sujet qui anime la ville et les entreprises est l’élection présidentielle de novembre. Cette élection qui aura comme toujours un retentissement mondial a une importance encore plus grande cette année du fait de la situation économique et sanitaire des Etats-Unis. Les entreprises appellent massivement à voter cette année et de nombreuses initiatives sont mises en place pour faciliter le vote des employés.

 

Les FinTechs

Les start-ups de la FinTech transforment le secteur financier américain, y compris la façon dont les gens prêtent, investissent, optent pour des prêts, financent des start-ups et même achètent des assurances. En moyenne, un consommateur actif sur trois utilise au moins deux services de technologie financière. Déjà en 2018, les États-Unis représentaient 57% du marché mondial de la FinTech et celui-ci ne cesse de grandir.

Fintech

Le secteur de l’investissement en Bourse est en grande mutation actuellement. Google a même eu besoin de proposer une nouvelle interface web et mobile pour son Google Finance afin de répondre à la demande croissante d’informations sur les marchés boursiers.

Quatre de ces startups FinTech font beaucoup parler d’elles actuellement :

Square

Square est une société Fintech qui s’est initialement spécialisée dans les solutions de traitement des paiements pour les petites entreprises aux États-Unis. C’est aussi avant tout la société de Jack Dorsey qui est aussi le CEO de Twitter.

Square met en place un écosystème commercial complet en intégrant des services à valeur ajoutée pour compléter ses solutions de paiement sur les canaux physiques et en ligne. La start-up a l’avantage d’être présente dans presque tous les secteurs du commerce.GPV industry

via Square

Le volume de ces transactions augmente d’ailleurs tous les ans.

La société a également connu un succès incroyable pour atteindre le marché de la consommation avec les paiements P2P et le trading de crypto-monnaie.

L’énorme avantage de Square par rapport à ses concurrents réside dans sa simplicité. Le Covid a obligé certains magasins à s’équiper rapidement de solutions de paiement sans contact et Square répond parfaitement à cette demande pour les clients qui payent par carte bancaire notamment.

 

RobinHood

Robinhood est une application qui propose de faire des transactions en bourse sans commission.

Installée à NY, l’application a démocratisé l’investissement en étant la première à proposer des transactions sans commission et a conquis la génération des Millenials avec sa plateforme “mobile first » et facile à utiliser qui évite une grande partie de l’étouffement traditionnel de Wall Street. L’application vous offre même un stock gratuit pour vous inscrire. De nombreux Américains ont ouvert un compte RobinHood en utilisant les 1200$ de stimulus envoyés par le gouvernement américain durant la crise du Covid.

BourseActuellement valorisée à plus de 11 milliards de dollars, la startup compte parmi ses premiers investisseurs les rappeurs Snoop Dogg, Jay-z et Nas et l’acteur Jared Leto. Fin 2019, RobinHood a annoncé avoir déjà plus de 10 millions d’utilisateurs (sur le seul territoire américain).

RobinHood génère des revenus importants à partir des paiements pour le flux d’ordres, une pratique courante bien que controversée selon laquelle un courtier reçoit une compensation et d’autres avantages pour diriger des ordres vers différents parties pour l’exécution des transactions.

Une analyse indépendante suggère que les paiements pour le flux de commandes ont généré un chiffre d’affaires estimé à 69 millions de dollars pour Robinhood en 2018, en hausse de 227% par rapport à l’année précédente, et ont représenté plus de 40% de son chiffre d’affaires global, selon un rapport de Bloomberg.

Les autres sources de revenus comprennent des frais mensuels de 5 $ pour l’adhésion facultative à Robinhood Gold, qui donne au client l’accès à des prêts et à des outils d’investissement et les frais d’achat avec la carte Robinhood.

Mais cette facilité d’opérer des achats d’actions a aussi de nombreux risques. Certains utilisateurs ne réalisent pas encore les risques liés à l’investissement en bourse et de nombreuses plaintes ont été déposées l’an dernier contre RobinHood pour des problèmes techniques, qui ont empêché certains traders de passer leurs offres, ce qui leur a fait perdre beaucoup d’argent.

En juin, Kearns, un trader âgé de 20 ans, s’est suicidé après que son compte RobinHood ait montré par erreur des pertes importantes à la suite de l’achat d’actions de sociétés via des opérations assez complexes.

La facilité d’utilisation doit donc être accompagnée de sérieuses précautions car investir en bourse n’est pas pour tout le monde.

Public

Public est une société de courtage en actions basée sur une application mobile et qui ne facture pas de commissions sur les transactions.

Public a été fondé en 2017 et a récemment annoncé une ronde de financement de la série B d’une valeur de 15 millions de dollars. Les investisseurs comprenaient Will Smith, la star de la NFL J.J. Watt et Scott Galloway.

Ce qui différencie Public de RobinHood, c’est que la start-up propose l’achat d’actions en fractionné. En découpant les actions en unités plus petites, Public les rend accessibles à plus de personnes. Au lieu de payer à la part, vous payez en dollars.

L’autre avantage de Public est sa communauté d’investisseurs accessibles en ligne. Certains d’entre eux sont des experts en la matière, d’autres des particuliers et parfois on peut y croiser des stars et voir quelles actions ils/elles possèdent sur Public.

Star

On peut aussi facilement créer une discussion de groupe avec d’autres utilisateurs pour parler stratégie et échanger des informations pour mieux “trader”.

Cette stratégie peut fonctionner car de nombreux acteurs du marché reprochent à RobinHood de pousser des utilisateurs sans réelles connaissances à investir leur argent sans vraiment savoir ce qu’ils font.

Venmo

Nous avons déjà écrit un article sur Venmo, cette startup rachetée par PayPal , qui permet de faire des paiements entre n’importe quel individu utilisant l’application mobile. Venmo est un des grands vainqueurs de la pandémie, car elle peut être utilisée par de nombreux professionnels qui auparavant n’acceptaient que le paiement en espèces ou qui ne souhaitent pas investir dans des machines pour leur encaissement.

La chaîne de magasins CVS vient d’annoncer accepter les paiements par Venmo. En arrivant en caisse, le client n’aura qu’à scanner un Qr Code qui l’enverra vers son compte Venmo afin de payer le montant de la facture demandée par le magasin.

Venmo

Via Venmo

Plus aucun contact physique et une réelle simplicité d’installation.

Durant le deuxième trimestre, Venmo a annoncé avoir augmenté de 52% le montant des versements effectués pour un total de 37 milliards de dollars, par rapport à l’année précédente.

Venmo

Le mouvement #BLM

Black Lives Matter (BLM) est un mouvement politique et social qui préconise une forme de désobéissance civile non violente pour protester contre les brutalités policières et toute violence à motivation raciale contre les Noirs. Le mouvement est revenu à la une des journaux et a gagné une plus grande attention internationale après le meurtre de George Floyd par un officier de police de Minneapolis. On estime que 15 à 26 millions de personnes ont participé aux manifestations de cette année aux États-Unis, faisant de Black Lives Matter l’un des plus grands mouvements de l’histoire des États-Unis.

La ville a de New York a été très concernée par le mouvement et ces manifestations ont fait naître plusieurs élans dans la ville.

Black lives matter

Un mouvement de soutien financier ou humain lors des manifestations de la part de nombreuses entreprises et magasins :

BLM

Un mouvement artistique, qui s’est emparé des barricades de protection de certains magasins de Soho notamment pour afficher le soutien des artistes au mouvement.

Mouvement artistique Mouvement artistique

Un mouvement de soutien des étudiants et du monde universitaire : à l’entrée des bâtiments universitaires de NY, on peut maintenant voir cette plaque.

Soutien des étudiants

Les banques commencent elles aussi à communiquer sur leur vitrine sur le besoin d’unité dans le pays. Ici la banque Chase, sur laquelle nous avions également consacré un article, joue la carte de la communauté et du local.

Banques

Un mouvement communautaire : certains commerçants affichant clairement être “Black Owned Businesses” et Google propose même maintenant de repérer les commerces tenus et créés par des Afro-américains.

Politique et Commerce

A l’approche des élections présidentielles américaines en novembre, la tension monte entre les partisans des deux camps. Par tradition, cette élection se tient le 1er mardi du mois de novembre, car cela permettait dans l’ancien temps, aux ruraux de venir en ville pour voter. Il fallait parfois une journée de route pour aller en ville et on ne voyageait pas le dimanche, jour de prière aux Etats-Unis. Le mardi a donc été la journée privilégiée.

C’est un jour de semaine et certains doivent prendre sur leur temps de travail pour aller voter ou pour être bénévole dans les bureaux de vote.

De nombreuses entreprises (comme Tory Burch notamment) accordent à leurs employés des congés payés pour travailler aux urnes électorales et voter. Ainsi Old Navy et Patagonia participent à une initiative visant à recruter des volontaires dans leurs entreprises pour aller aider dans les bureaux de vote, face à une pénurie prévue de travailleurs du scrutin au niveau national, du fait de la pandémie actuelle.

Apple a déjà annoncé offrir 4h payées à ses employés pour aller voter. Coca Cola donnera une journée de congé payé pour aller voter.

Le mouvement Time To Vote lancé en février regroupe plus de 600 compagnies américaines qui vont accorder des facilités à leurs employés pour aller voter.

Cette décision intervient alors que les entreprises américaines sont confrontées à une pression croissante pour aider à augmenter le taux de participation électorale et à montrer un engagement plus profond envers les responsabilités sociales. Il faudra plus de 350 000 volontaires pour ces élections.

S'inscrire pour voter

D’autres entreprises comme Patagonia ou H&M utilisent leurs ressources publicitaires sur Times Square notamment pour insister sur l’importance d’aller voter.

H&M

Chez Nordstrom Women, le paradis shopping des New Yorkaise, le message de sensibilisation est le même ! 

Nordstrom Women

La NBA, très présente dans le secteur sociale et politique actuellement, a prévu d’ouvrir certains de ses emplacements pour devenir des bureaux de vote en novembre.

Les américains sont bombardés de messages chaque jour ou presque les incitant à s’inscrire pour voter.

Même Uber s’y met. Il y a 4 ans la start-up de transport de personnes proposait déjà des réductions de prix quand votre trajet servait à aller voter.

Uber

Il est cependant intéressant de noter que les entreprises appellent à voter car c’est un événement important de la vie de la Nation. Mais celles qui appellent à voter pour un candidat spécifique ont toujours à faire à des retours de bâton, comme dans ce magasin Hobby Lobby, dont les clients appellent au boycott.

USA vote Trump


BERTRAND LESEIGNEUR

Article publié le 6 octobre 2020 par

Bertrand LESEIGNEUR
Correspondant Echangeur Retail Innovation USA

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