Acteurs du commerce, ensemble, relevons
le défi de l'innovation

08
déc
2021
Nicolas DIACONO
Technological Trends Analyst
5 minutes

Les mondes virtuels font le buzz de manière cyclique depuis plus de vingt ans, du Second Monde de Canal+ à Facebook Horizons. Les différents buzz démontrent le fantasme lancinant pour la quête d’un monde virtuel dans lequel tout serait possible. Le monde réel semble rattraper de plus en plus le monde de la science-fiction avec l’objectif de créer un nouvel internet.

Le gaming au cœur du futur succès des mondes virtuels

Le monde compte aujourd’hui plus de 3 milliards de joueurs de jeux vidéo que ce soit sur PC, console ou mobile. De Zelda à Roblox, le monde du gaming a toujours aimé les mondes virtuels. Des mondes dans lesquels les joueurs peuvent sortir de leur quotidien et se créer une vie alternative plus ou moins écrite à l’avance. Si les écosystèmes virtuels ne sont pas nouveaux, c’est bien l’essor du gaming qui va permettre le succès du concept de Métavers auprès du plus grand nombre.

 

 

Fortnite, en lançant récemment Party Worlds, a franchi un second pas vers le Métavers. Dans Party World, les joueurs via leurs avatars peuvent se rencontrer, se faire des amis, échanger, jouer à des mini-jeux et même danser dans la boite de nuit virtuelle « Late Night Lounge ». Le gaming a clairement implanté la « puce neurologique » dans le cerveau des joueurs du monde entier pour créer le désir du Métavers.

Objectif télétravail

Quand Mark Zuckerberg a renommé Facebook en Meta après le lancement de son projet de Métavers, il a clairement affiché un objectif autour du monde du travail à distance. Cet objectif premier a clairement été confirmé par Chris Cox, Chef de Produit chez Meta, lors du dernier Web Summit. Selon lui, les réunions sur Teams ou Zoom sont juste devenues ennuyantes et insupportables et l’apport d’un environnement virtuel devrait redonner du sens aux réunions à distance et ramener de l’interaction sociale entre les collaborateurs.

 

Microsoft a rapidement emboité le pas de Meta en faisant aussi la promotion de son monde virtuel autour du travail à distance. Il semble donc que le premier Métavers des géants du numérique ne soit pas pour se divertir mais plutôt pour produire.

 

Les marques et enseignes embrassent le virtuel

Nike, Balanciaga, Gucci, Adidas, Supreme, Louboutin, Dior, Coca-Cola ou encore Carrefour, H&M et bien d’autres se sont lancés sur les écosystèmes virtuels en vue de pouvoir appréhender et créer le commerce de demain. Dans le monde de la mode, le monde virtuel Sud-Coréen connait un vif succès avec plus de 2 millions d’utilisateurs actifs par jour. Les utilisateurs peuvent habiller leurs avatars avec de nombreuses marques présentes comme Disney, Ralph Lauren, Gucci ou Little Monster.

 

De son côté Nike a créé Nikeland sur la plateforme de jeux Roblox. Nikeland est un espace virtuel dans lequel les utilisateurs de Roblox peuvent vivre et partager des expériences autour de la marque via des mini-jeux.

Adidas s’est associé avec les créateurs des fameux NFTs Bored Ape Yacht Club pour créer un avatar Bored Ape qui portera les habits de la marque aux trois bandes dans le Métavers. Adidas a également signé un partenariat avec le monde virtuel The Sandbox. The Sandbox est un monde virtuel, avec des mini-jeux intégrés à la carte du monde virtuel, basé sur le « play to earn » grâce aux NFTs.  Dans The Sandbox les joueurs peuvent acheter des terrains virtuels, construire sur ces terrains, acheter des personnages ou des objets. Il est donc fort à parier qu’Adidas puisse y créer un magasin pour faire la promotion de ses produits et peut-être même vendre des objets virtuels.

Les exemples de marques s’associant à des éditeurs de jeux vidéo ou des mondes virtuels se multiplient donc ! Chaque semaine préfigurant d’un commerce de l’immatériel et du virtuel pour nos avatars ou notre double numérique. Il est fort à parier qu’en achetant un habit dans le monde réel nous achetions en même temps le même habit en virtuel pour notre avatar. En ce sens, le brevet de Nike pour vendre des chaussures dans le Métavers confirme clairement cette hypothèse.

 

En France, la startup Arianee s’est déjà lancée sur le sujet en s’associant à l’agence créative Kitten Productions. Leur objectif : vendre des sweat-shirts dans le monde réel tout en permettant d’habiller son avatar dans Decentraland avec la version digitale de ce vêtement.

 

 

Un point semble déjà très clair, l’économie du Métavers sera indissociable des NFTs et du monde de la cryptomonnaie. Le commerce de demain serait-il déjà entre les mains de l’écosystème des cryptomonnaies ?

L’économie du Métavers

 

Lors de la dernière semaine de novembre 2021, selon Dappradar, 106 millions de dollars ont été dépensés pour acheter des biens immobiliers sur les principaux sites du Métavers et dont 86 millions de dollars uniquement sur The Sandbox.

Pour Cathie Wood, CEO de Ark Investment, le monde du Métavers va valoir plusieurs milliers de milliards de dollars et ira bien au-delà du gaming lors des années à venir.

Le buzz est réel et très grand autour du Métavers mais ce dernier est loin d’être encore une réalité. Les fondations sont en train d’être posées, dans un environnement que l’on peut comparer au far-West. Toutefois le concept de cet internet nouvelle génération devrait voir le jour d’ici une dizaine d’années, rendez-vous en 2030 avec nos avatars pour un apéritif virtuel !

Nicolas DIACONO
Technological Trends Analyst
Expert des technologiques émergentes, Nicolas parcourt les salons innovations de par le monde pour sentir les nouvelles tendances.
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