Acteurs du commerce, ensemble, relevons
le défi de l'innovation

24
mar
2021
Guillaume RIO
Responsable Technologies & Partenariats
4 minutes

Si Tesla cristallise l’avènement du véhicule électrique, ce dernier maîtrise aussi entièrement les logiciels qui pilotent ses véhicules avec des lignes de code développés de A à Z par ses propres ingénieurs. Lors du Websummit, le géant Bosch dévoilait qu’en 2010 un véhicule nécessitait 10 millions de lignes de code, 100 M aujourd’hui et 500 M pour un véhicule autonome. Il y a plusieurs années, Elon Musk prédisait déjà que la voiture ne serait qu’un Ipad sur 4 roues, dessinant ainsi les prémices d’une transformation radicale du monde de l’automobile.

Le fait : Les constructeurs automobile deviennent des Tech Companies

La firme d’Elon Musk est le numéro un mondial du secteur automobile, vaut plus de 800 milliards de dollars, soit quatre fois plus que Toyota, et vend près de 10 millions de véhicules par an.
Par son avance technologique dans les différents domaines :

  • les batteries,
  • l’interface client
  • le système de conduite assistée et autonome

La firme américaine est plus considérée comme une tech company que comme un constructeur automobile. Pour preuve le ‘software’ occupe 55% de l’effectif de Tesla contre 25% chez les constructeurs traditionnels selon Boston Consulting group. Face à cette révolution qui s’annonce, de nombreux acteurs historiques ont décidé de franchir le pas de la révolution numérique.

Le décodage : créer son propre 'operating system' pour combattre la dépendance aux GAFAM

Le groupe Volkswagen a entamé une véritable révolution numérique sous l’impulsion de son CEO Herbert Diess, qui a son arrivé à la tête du groupe en 2018 a décidé de transformer le groupe en ‘Software company’.

Selon Herbert Diess « Nous attendons de nouveaux concurrents qui devraient accélérer le changement de notre industrie et y apporter de nouvelles compétences. Leur incroyable valorisation et leur accès quasi illimité aux ressources financières incitent au respect. Comme je l’ai déjà dit, le groupe le plus valorisé du monde sera encore bientôt un géant de la mobilité. Ce pourra être Tesla, Apple ou Volkswagen. »

Afin de remplir ses ambitions, dès janvier 2020, le géant allemand a rassemblé ses ingénieurs dans une division autonome, Car.software dont l’ambition affichée est de faire passer la part des logiciels développés en interne de 10% à 60% en 2025. Pour atteindre cet objectif la division Car.Software a promis d’investir 7 milliards d’euros et employer à terme 10 000 ingénieurs.

Le but ultime du groupe allemand est de créer son propre ‘operating system’ le VW OS afin d’être totalement indépendant des GAFAM.

 

Le nouveau logiciel Car.Software de Volkswagen Copyright: Volkswagen AG

 

Par rapport à Volkswagen, Renault n’est pas en reste. Le géant français a regroupé 2000 ingénieurs dédiés au logiciel dans une ‘Software factory’ dont la première matérialisation sera la Mégane eVision 100% électrique qui sortira en 2022. Cette dernière sera équipé d’un OS d’info-Entertainment appelé ‘My link’ fonctionnant sous Android. Renault et ses partenaires de l’Alliance, Nissan et Mitsubishi, ont signé un accord en 2018 avec Google.

Renault sera le premier constructeur à offrir l’ensemble des services de Google Automotive Services (GAS) soit l’accès à la totalité de l’écosystème de Google (Google Maps, Google Play, Google voice…), sans la nécessité d’avoir un smartphone.

En parallèle Renault a aussi annoncé la création d’une ‘Software Republique’ en collaboration avec Orange, Atos, Dassault system et ST Microelectronics dont le principal enjeu est de se rendre plus indépendant des GAFAM.

Geely acteur majeur du marché chinois de l’automobile veut s’imposer dans la production industrielle de véhicules électriques et autonomes. Le groupe Geely, fondé en 1997 à Hangzhou est en autre propriétaire de Volvo et actionnaire principal de Daimler-Mercedes et Lotus.

Pour Geely 2021 c’est l’année de la convergence du software et de l’automobile. Depuis le début de l’année, le groupe chinois accumule les partenariats avec les géants de la ‘tech’ tels que Baidu, Tencent et Foxconn.

Le 11 janvier, Baidu (le Google Chinois) et Geely ont créé conjointement une entreprise commune axée sur la production de voitures à conduite autonome. Geely, contribuera avec ses capacités de conception et de fabrication d’automobiles tandis que Baidu mettra à disposition son logiciel de conduite autonome baptisé Apollo.

Le 13 janvier, Geely a créé une entreprise commune avec Foxconn, le premier sous-traitant mondial de produits électroniques (fournisseur d’Apple). Les deux groupes vont créer une plateforme de production ouverte à d’autres constructeurs. Leur premier client sera la jeune pousse californienne Faraday Future considérée comme un futur concurrent de Tesla.

A l’instar de Tesla avec Starlink, Geely a obtenu fin février l’accord gouvernemental pour commencer à fabriquer des satellites pour créer un « écosystème de mobilité » intelligent et complet nécessaires aux voitures autonomes. La Commission nationale chinoise de développement et de réforme (NDRC) a approuvé une licence pour l’usine de Taizhou, dans la province du Zhejiang, dans laquelle Geely est basé, pour commencer la fabrication au milieu de l’année.

Geely prévoit maintenant de commencer la production en octobre et d’atteindre une production de plus de 500 satellites par an.

En parallèle, Alibaba a annoncé la création d’une marque de voiture avec SAIC Motors, premier constructeur automobile en Chine. Ensemble, les deux partenaires ont fondé IM Motors (appelée Zhiji Motors en Chine), une marque de voitures intelligentes électriques haut de gamme.

IM Motors benéficie du Système d’exploitation d’Alibaba: AliOS et d’Alibaba Cloud, pour optimiser ses voitures d’un écosystème connecté.

Toyota, le géant nippon a recruté en 2016 un ancien de Google, James Kuffner afin de développer un OS ouvert appelé ‘Arene’ qui est la base de sa ville ‘Woven city’ inaugurée mi-février 2021.

Dans un premier temps, cette ville de 2 000 habitants sera habitée par des résidents et des chercheurs à plein temps. Ils pourront tester et développer des technologies telles que l’autonomie, la robotique, la mobilité personnelle, les maisons intelligentes et l’intelligence artificielle dans un environnement réel le tout basé sur leur open software ‘Arena’ .

 

Un laboratoire vivant chez Toyota avec la woven city

Source : Toyota

Akio Toyoda le CEO du groupe Toyota veut dessiner l’avenir de ‘l’autonomobile’, « L’industrie automobile est clairement au milieu de sa phase de mutation la plus radicale, en cette époque où l’électrification, la conduite connectée et la conduite autonome progressent à grands pas. L’amélioration constante des véhicules reste une priorité pour Toyota. Mais nous cherchons aussi à développer des solutions de mobilité qu’aideront chacun à profiter de la vie. Nous participons, à notre échelle, à l’amélioration de la société pour les cent ans à venir au moins. Cette nouvelle ville marque pour nous une grande avancée vers la mobilité durable. Elle prouve que nous continuons à nous diversifier au-delà des voitures et des utilitaires classiques par l’apport d’une valeur ajoutée, notamment des services à la clientèle et aux citoyens ».

Guillaume RIO
Responsable Technologies & Partenariats
Spécialiste des écosystèmes BATX & GAFA et passionné par la Chine, Guillaume analyse l'impact des nouvelles technologies sur nos vies.
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