Acteurs du commerce, ensemble, relevons
le défi de l'innovation

16
sep
2021
Guillaume RIO
Responsable Technologies & Partenariats
4 minutes

Les géants des microprocesseurs et du software à l’attaque du marché automobile.

Il y a plusieurs années, Elon Musk prédisait déjà que la voiture ne serait qu’un iPad sur 4 roues, dessinant ainsi les prémices d’une transformation radicale du monde de l’automobile. Ford a annoncé début septembre avoir recruté Doug Field, le patron de « Titan », le projet d’Apple dans la voiture autonome. Le recrutement de ce ponte de la technologie, qui a enchaîné les postes à responsabilité chez Tesla, Google ou Apple prouve bien que le software est bien devenu le futur bastion du secteur automobile

LE FAIT

Qualcomm géant mondial des microprocesseurs a misé mi-juillet plus de 4,6 milliards sur les technologies d’aide à la conduite en voulant racheter le suédois Veoneer. En 2017, Intel a racheté pour 15,3 milliards de dollars Mobileye, spécialiste israélien des capteurs et des logiciels pour voitures intelligentes dits Adas (« advanced driver-assistance systems »). De son côté l’autre géant du secteur, Nvidia a développé en interne une technologie dédiée aux voitures autonomes et baptisée « Xavier ».

veoneer
Tous ces acteurs veulent devenir la matrice électronique, logicielle et servicielle de la voiture. Dans des véhicules de plus en plus autonomes, électriques et connectés, la valeur de l’électronique est amenée à exploser dans les années à venir. Lors du Websummit, le géant allemand Bosch dévoilait qu’en 2010 un véhicule nécessitait 10 millions de lignes de code, 100 millions aujourd’hui et 500 millions pour un véhicule autonome. L’autre facteur à prendre en compte est que les géants tels que Apple, Huawei et Google, veulent devenir autonomes sur les marchés à l’IOT en créant leurs propres puces. Néanmoins ces géants du software affichent aussi leurs ambitions dans le marché de l’automobile.

Le décodage

Si l’annonce de l’Apple Car n’est toujours pas d’actualité, c’est le géant Chinois Huawei qui a révélé mi-avril sa première voiture électrique soit l’Arcfox Alpha S, modèle qui sera produit en collaboration avec le groupe chinois Beijing Automobile Industry Co (BAIC).

huawei

Ce véhicule comprendra une puce Kirin 990A, que l’on retrouve dans les derniers smartphones Huawei (Mate 30 et P40) ainsi qu’un écran tactile qui fonctionne sur la plateforme HarmonyOS lancée par Huawei. Le groupe va investir plus d’1 milliard de dollars dans la voiture autonome. Huawei a déjà noué des partenariats avec trois constructeurs chinois : BAIC, Chongqing Chang’an et Guangzhou Automobile. Les véhicules co-conçus seront vendus sous une marque à part et auront un petit logo Huawei à côté de celui du constructeur.

Un an plus tôt c’est Sony qui a lancé la Vision S soit une berline électrique autonome, comprenant toutes les dernières technologies de Sony et s’affranchissant de tout partenariat avec un quelconque constructeur automobile.

En parallèle, Alibaba a annoncé la création d’une marque de voiture avec SAIC Motors, premier constructeur automobile en Chine. Ensemble, les deux partenaires ont fondé IM Motors (appelée Zhiji Motors en Chine), une marque de voitures intelligentes électriques haut de gamme. IM Motors benéficie du Système d’exploitation d’Alibaba soit AliOS et d’Alibaba Cloud, pour optimiser ses voitures d’un écosystème connecté.

Toujours en Chine, Xiaomi deuxième constructeur mondial de smartphones qui avec 17 % de part de marché dépasse en volume Apple (14 %) et suit de très près le coréen Samsung (19 %) vient d’annoncer son entrée dans le monde de l’automobile. Le géant mondial de l’IOT vient d’officialiser l’existence de la marque Xiaomi Automobile. L’entreprise s’est engagée à investir au moins 10 milliards de dollars au cours des dix prochaines années dans la nouvelle entité.

Du côté des USA, Amazon a intégré son système de commande vocale Alexa et son système de paiement Amazon Pay en multipliant les partenariats avec les constructeurs automobiles traditionnels tels que Audi, BMW, Ford, Fiat-Chrysler et Toyota.

Dans l’univers du véhicule autonome, Amazon a investi ces 2 dernières années des centaines de millions de dollars dans Aurora, un jeune start up spécialiste des ‘software’ de conduite autonome. Dans un second temps, le géant américain a racheté pour 1,2 milliard de dollars Zoox, une start-up
américaine spécialisée dans les véhicules autonomes. Zoox vient d’ailleurs de présenter et lancer à San Francisco son nouveau prototype de robotaxis.

Zoox

Depuis sa création il y a 6 ans, Waymo la filiale d’Alphabet dispose de la plus grosse flotte de taxis autonomes (près de 600 voitures), tout en en fabricant ses propres caméras, lidars et radars, ce qui assure une intégration optimale entre capteurs et logiciels. De ce fait pour beaucoup d’expert, Waymo a une longueur d’avance face à ses concurrents.

Si avant, le monde automobile était simple, très pyramidal ou le constructeur était le donneur d’ordre qui travaillait avec des fournisseurs. Aujourd’hui, avec la révolution de la connectivité (C- V2X ou « Cellular Vehicle-to-Everything), de la voiture autonome et des services à la mobilité, les cloisons sautent et il est impossible pour un constructeur de tout maitriser. La « softwarisation » effrénée apporte sa cohorte de nouveaux acteurs et ajoute encore plus d’incertitude dans ce secteur.

Guillaume RIO
Responsable Technologies & Partenariats
Spécialiste des écosystèmes BATX & GAFA et passionné par la Chine, Guillaume analyse l'impact des nouvelles technologies sur nos vies.
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