...Au-delà de cette connectivité, où se situe la valeur de l’objet? Y-a
t-il plus et mieux à faire, les usages actuels servant d’éclaireurs ? Et
si le meilleur moyen de créer de la valeur était de permettre à tout un
chacun de créer ses propres objets et d’en imaginer des scénarios
d’usage ?
Pour Philippe Gautier, ancien DSI de
Benedicta et fondateur de la société
Business2Any, interconnecter les objets via Internet n'est pas qu'un simple prolongement de la Toile actuelle. Car cette extension va entraîner une remise à plat des règles de conception des systèmes d'information. « La notion d'Objet, en tant qu' « acteur autonome de l'Internet » est essentielle ! Cela passe par une capacité d' « autoréférentialité » (indépendance vis à vis des standards sectoriels de définition, système de valeurs propre, etc.) et des capacités en termes d'auto organisation (indépendance vis-à-vis des contextes ou situations, capacité d’élaborer des décisions en toute autonomie). » De son point de vue, l’évolution fédératrice des technologies (
RFID, Machine to Machine, informatique ubiquitaire
) serait donc de doter l'objet d'une certaine intelligence (artificielle), qu'elle soit embarquée ou disponible sur le web
(Cloud computing).
D’un point de vue marketing, en connectant des objets à Internet est-il possible d’offrir des services plus simples et plus riches ? C’est le parti pris de la jeune société
Withings. Avec ses produits communicants grands publics comme la balance connectée Wifi,
Withings illustre un nouveau modèle économique où la valeur se partage entre l’objet, la plateforme et les fournisseurs de services. En mettant à disposition leur API (Application Programming Interface), la société facilite la création de nouveaux services à valeur ajoutée par des tiers. Et de citer une dizaine de partenariats à l’exemple de
DailyBurn qui propose un abonnement payant pour des conseils personnalisés sur un régime ou encore les plateformes santé proposé par
Google (Google Health) et
Microsoft (Health Vault).
Cédric Hutchings, directeur général de la société, a également insisté sur la dimension des interfaces, déportées sur des supports plus ergonomiques et contextuels.
Pour autant, certains ont pointé l’écart entre les perspectives proposées et les attentes concrètes du public. Dès lors, comment tirer le marché des objets communicants par les usages bottom-up, par la capacité des utilisateurs à inventer les dialogues interactifs entre les objets de leur environnement ? C’est un des objectifs du projet open
sen.se lancé par
rafi Haladjian, une plateforme collaborative d’expérimentation d’abord ouverte aux développeurs permettant de connecter les objets et de partager leurs données pour toute sorte d'applications.
rafi Haladjian compte par la suite lancer un appel auprès des industriels pour qu’ils participent à cet élan des objets communicants. Irons-nous alors vers des objets conçus comme inachevés, (re)programmables sans pour autant cesser de relever d'une logique industrielle ?