
le 20 janvier 2009
Adam Greenfield, directeur du design d'interface chez Nokia, qui a récemment publié EveryWare, la révolution de l'Ubimédia, où il analyse l'omniprésence des technologies de l'information dans le paysage quotidien, participait le jeudi 8 janvier, à la journée de clôture du programme « Ville 2.0 », organisé par la Fondation Internet nouvelle génération (Fing)."Demain, nos objets et nos interfaces vont sentir, calculer, afficher, recevoir, stocker, transmettre et avoir des actions physiques sur l’information".
De nouvelles manières de faire la ville émergent. Les prérogatives anciennes de la ville s’érodent : notamment celle portée par les architectes. Les architectes sont les spécialistes des espaces infinis, alors que les gens, notamment avec les nouvelles technologies comme le téléphone, cherchent à s’isoler, pour téléphoner, pour rester en contact avec leurs réseaux. Par rapport à cela, il faut s’interroger sur ce que le cyberspace veut dire, comme le posait John Perry Barlow. Le cyberspace est un enfermement par rapport à l’activité humaine de nos villes, mais se déroule dans nos villes. Que se passe-t-il dans l’espace public avec ces gens qui s’isolent sans cesse ? Si l’information tombe sur nous comme la pluie, nous faudra-t-il des parapluies ? Les conditions primaires de choix et d’action dans la ville ne sont plus physiques mais résident dans l’invisible et intangible couche d’information en réseau qui l’enveloppe.
D’où le concept de Long Here : chaque lieu, spécifié par ses coordonnées, possède désormais un historique, une profondeur dans le temps, accessible via sa seule localisation. Le meilleur exemple qu’on puisse en donner, ce sont les photos géotaggées qu’on accumule sur Flickr, capable de donner un véritable historique des lieux où l’on passe. Pas seulement sous son aspect le plus agréable d’ailleurs : avec des cartographies sur la criminalité, comme Oakland CrimeSpotting, vous avez accès à l’historique de la criminalité d’un quartier, d’une rue, d’un immeuble.
D’où le concept de Big now. Le Big Now auquel nous sommes de plus en plus confrontés en est exactement l’inverse : les données en temps réel montrent le présent et la réalité tangible de la ville. Avec Twitter, je sais sur l’instant ce que font mes amis le samedi soir. Ce qui induit une expérience différente qui influe sur mes choix, qui influe sur l’offre des possibles. L’immédiateté est parmi nous, explique-t-il en évoquant le fil Twitter du Pont de Londres qui envoie des messages automatiques dès qu’il s’ouvre ou se ferme, ou en évoquant le New York Talk Exchange du Senseable City Lab du MIT qui montre les échanges de télécommunications en temps réel entre New York et le reste du monde [ ]
Extrait de la synthèse rédigée par Hubert Guillaud, journaliste, rédacteur en chef d'InternetActu.net
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Objectif du programme "Villes 2.0", initié par la Fing en coopération avec Chronos et Tactis : permettre aux acteurs traditionnels de la Ville (entreprises, institutions, acteurs sociaux) et aux acteurs du numérique d'anticiper et de préparer ensemble les transformations de la ville et de la mobilité.
Programme soutenu par l’Echangeur, LaSer, la Caisse des Dépôts, JCDecaux, le Ministère de l'Equipement, RATP, région Provence Alpes Côtes d'Azur ainsi que de la Ville de Paris.