
Les standards font-ils le bonheur ?
Retour sur l’Université d’été de GS1 "Les standards font-ils le bonheur ?" Le thème choisi par GS1 France pour sa troisième université d'été, les 29 et 30 août, a porté sur la dématérialisation des échanges d’information et leur apport à la vaste question du développement durable.
En s’ouvrant à d’autres logiques, en cherchant une finalité de nature différente,
reposant moins sur l’image que sur la prise en compte des enjeux de la planète
et de façon plus prosaïque en luttant également contre la hausse des matières
premières, les entreprises sont venues témoigner de leurs observations
(Accenture, CapGemini) ou de leurs expériences (L’Oréal, Auchan, Casino,
Monoprix, ID Logistics, Generix Influe, Aldata, Orange).
La création de valeur, la relocalisation annoncée des stocks, les économies
d’échelle réalisées grâce à ladématérialisation, la prise en compte du « coût
carbone », la traçabilité des produits alimentaires sont autant d’actes qui
portent le projet des entreprises dans une perspective autant responsable que
capitalistique.
Autre moment fort : la dichotomie entre le consommateur
et le citoyen. L’échange entre Olivier Dauvers (journaliste) et Chantal Jaquet
(ancienne directrice développement durable chez Carrefour) a ouvert le débat :
les consommateurs sont-ils réellement prêts ? Faut-il légiférer ou éduquer ?
Les deux logiques semblaient imparables.
Les écoles, les associations (Les Mines, Déméter) ne sont
évidement pas en reste sur ces questions. Comment enseigner
au mieux à de futurs ingénieurs à résoudre des problèmes qu’on se pose peu
aujourd’hui ? Comment accompagner le changement de cap des entreprises. Si l’un
propose une méthodologie, l’autre parie sur la collaboration et la modélisation
des expériences.
Pour finir : deux moments clés.
Dominique Wolton (sociologue, directeur de recherche au CNRS) a très
précisément rappelé les contours et la différence entre écologie, protection
de l’environnement et développement durable en insistant sur le paradoxe qui
consiste à la tentation de transformer le monde en musée (le principe de
précaution) et le nécessaire dynamisme induit par la notion même de développement.
Facteur de risque, s’il en est.
Philippe Lemoine (PDG de LaSer et co-président de GS1 France) dans une
conclusion très enlevée, a proposé de prendre acte, au sens politique du terme,
des changements et des évolutions du monde qui
s’interpénètrent. Les nouvelles logiques, la revendication du sens et de
l’efficience devraient permettre aux entreprises comme aux associations de se
muer en gestionnaire efficace du monde qui leur est dévolu et qu’ils
contribuent à construire. Le risque invisible, rendu visible, place le citoyen
et le politique, au centre de la question.
Propos
recueillis par Nathalie Damery,
directeur du marketing stratégique et de la communication de GS1 France.
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