L'echangeur

2008 ou l'an 1 du papier électronique

le 7 avril 2008

veille_avril_ebook.gifDepuis le lancement de la version e-paper du quotidien Les Echos et de sa commercialisation au printemps 2007, le livre et le papier électroniques refont parler d’eux alors qu’on les croyait définitivement disparus depuis l’expérience du Cytale en France en 2000. Technologiquement, le papier électronique offre une très faible consommation d’énergie et utilise la lumière ambiante de la même manière que le papier classique.
Il garantit donc le même confort de lecture à l’avantage près qu’il permet par exemple au lecteur d’adapter la taille des caractères à ses besoins visuels. Certes, il lui manque encore la couleur - annoncée pour cette année au Japon par Fujitsu ou en test dans les laboratoires du français Nemoptic -  et une dimension multimédia. Néanmoins le succès du Kindle d’Amazon - sans dévoiler les chiffres, Amazon déclare que la « demande est supérieure à ses attentes »  - a très certainement contribué à développer la notion de ebook au grand public.

Le plus étonnant reste les modèles économiques qui ont été développés autour des e-readers. Internet a créé chez les usagers de nouvelles manières de lire, notamment avec l’hypertexte. De plus, le Web 2.0  a popularisé de nouveaux usages (blogs, fils rss, réseaux sociaux, tag…) introduisant de nouvelles exigences et favorisant une dimension communautaire de la lecture. En décembre 2007, l’éditeur M21 Editions a ainsi lancé son premier pack e-book interactif comportant le lecteur epaper, un bundle de 24 livres sur le thème de l’ère du Digital et des outils collaboratifs (newsletter mensuelle e-paper) ainsi que l’accès à la communauté de discussion pour échanger sur les thématiques abordées dans ces livres. Le livre électronique va dans ce cas là au-delà du livre papier puisqu’il est vu non plus comme un support fermé mais comme un bien évolutif - le contenu peut changer au fil du temps - fluide et capable de proposer de multiples formats d’interactivité et entrées de lecture. Des index aux nuages de tags, du livre au "livre à la carte", voire aux livres widgetisés, l’abonnement est-il le futur modèle de distribution du livre de demain ?

Les professionnels de l’édition ont-ils pris conscience de cette évolution ? Dans tous les cas les initiativesveille_avril_Nabastagv2.JPG fleurissent. En Chine, la société STAReREAD, avec 1 500 points de vente, propose à ses lecteurs la location d’un reader avec des titres à 50 % du prix de vente public… et ça marche ! Elle a ouvert 150 librairies sans papier et prévoit d’écouler 250 000 readers en 2008. En France,  Petit Futé Travel & Play proposera à partir du mois de mai le premier guide de voyage sur Nintendo DS tandis que Gallimard Jeunesse propose certains contes en version parlée pour le lapin WiFi Nabaztag. Des nouveaux supports de lecture ouvrant de nouvelles voies apparaissent donc sur le marché, diversité qui ne doit pas faire oublier que la lecture constitue une activité spécifique, qui nécessite un dispositif adapté.

Lors de la session du Club e²  le 12 mars, la thématique du livre et papier électroniques avait été présentée par M Lorenzo Soccavo, R&D conseil innovation et M. Malo Girod de l’Ain, M21 Editions.

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