
La Corée, « banc-test hightech » ?
Pierre Saulay, directeur Innovation &Développement de l’Echangeur, a participé à la Mission d’études organisée par le Pôle de Compétitivité des Industries du Commerce (PICOM) de la région Nord Pas-de-Calais du 9 au 16 février dernier.
En cinquante ans la Corée s’est hissée au 10e rang mondial en terme de
PIB, construisant son succès sur une
économie industrielle d’Etat
incarnée par les « chaebols », conglomérats industriels familiaux
(Samsung Hyundai, LG, SK Telecom, etc.) Ce même modèle, dont les
Coréens tirent fierté et confiance, reste à l’œuvre, même si depuis 10
ans, l’innovation technologique (3e rang mondial dans les dépôts de
brevets) a pris le pas en termes d’enjeux économiques internationaux.
Supermarchés équipés de RFID, essayage virtuel sur son avatar dans les grands magasins, usage permanent des mobiles tant pour le paiement sur les lieux de vente (130 000 lecteurs installés) que pour les biens immatériels (du couponing marchand au cadeau numérique, payé par le donateur, sous toutes ses formes), TV sur mobile, plastic cards mutées en multimedia cards, . Mais aussi appartements intégrant domotique et connectivité généralisée, présentées en réel, quasiment clés en main, dans les gigantesques showrooms des grands promoteurs immobiliers.
Tout cela existe « en partie », mais avec un art consommé de pousser la
vraisemblance jusqu’au moindre détail de ce qui reste dans bien des cas
encore du registre de la « démonstration ». La Corée se définit
elle-même comme le « banc-test hightech » du monde. 15 Ubiquitus-cities
dont la plus célèbre, Songdo, verront le jour d’ici 2014, mais ne sont
à ce jour que de vastes chantiers.
La société ubiquitaire se met donc en place, avec son mythe de l’accès à tout, à tous et de partout : mais de quoi parle-t-on au juste ? Des personnes qui la constituent ou de l’organisation qui les contrôle ?
Sans entrer dans les clivages plus subtils entre générations qui apparaissent sur l’axe intime/privé/public, la « killer application » des réseaux sociaux coréens Cyword interpelle : 40 % de la population (20 millions de comptes) adhère à une plateforme de pages personnelles, où chacun décrit son univers dans un style un peu « régressif » (mi Manga, mi Hello Kitty), mais où surtout la condition d’inscription est la communication de son numéro d’identité nationale ce qui peut laisser perplexe.
L’adhésion assumée des Coréens à ce modèle de contrôle social ne paraît quant à elle guère exportable.

Supermarchés équipés de RFID, essayage virtuel sur son avatar dans les grands magasins, usage permanent des mobiles tant pour le paiement sur les lieux de vente (130 000 lecteurs installés) que pour les biens immatériels (du couponing marchand au cadeau numérique, payé par le donateur, sous toutes ses formes), TV sur mobile, plastic cards mutées en multimedia cards, . Mais aussi appartements intégrant domotique et connectivité généralisée, présentées en réel, quasiment clés en main, dans les gigantesques showrooms des grands promoteurs immobiliers.
La société ubiquitaire se met donc en place, avec son mythe de l’accès à tout, à tous et de partout : mais de quoi parle-t-on au juste ? Des personnes qui la constituent ou de l’organisation qui les contrôle ?
Sans entrer dans les clivages plus subtils entre générations qui apparaissent sur l’axe intime/privé/public, la « killer application » des réseaux sociaux coréens Cyword interpelle : 40 % de la population (20 millions de comptes) adhère à une plateforme de pages personnelles, où chacun décrit son univers dans un style un peu « régressif » (mi Manga, mi Hello Kitty), mais où surtout la condition d’inscription est la communication de son numéro d’identité nationale ce qui peut laisser perplexe.
L’adhésion assumée des Coréens à ce modèle de contrôle social ne paraît quant à elle guère exportable.
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